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  • Stéphanie Newport

Interdit de jeu ! Que faire?

Mis à jour : 13 avr. 2020

Ca y est, la sentence est tombée. Pour raisons de santé ou de disponibilité, vous êtes hors-jeu. Comment garder la tête froide ? Comment continuer à faire de la musique, travailler ses morceaux, composer… sans son instrument ? Mes tips après un mois d’expérimentation.



Music is everywhere

Je ne sais pas vous, mais autour de moi, TOUT m’incite à faire de la musique. A chaque pas, à chaque expérience, j’imagine la bande son correspondante. Le chien du voisin aboie en rythme. L’ascenseur donne le la. Selon les jours, mon lave-vaisselle est DJ ou batteur tendance latino.

Tous les objets, tous les sons peuvent potentiellement servir à faire de la musique. Au début de mon arrêt, j’ai essayé tout ce qui me tombait sous la main (façon de parler, mes deux mains étant emprisonnées dans des attelles). J’ai même tenté une impro avec ma machine à laver ! Evidemment, si vous êtes percussionniste, c’est plus simple. Hélas, n’étant pas convaincue par mes prouesses aux spatules de cuisine, j’ai dû chercher ailleurs comment satisfaire ce besoin démentiel de faire de la musique…

Prête-moi tes mains

S’il y a un truc qu’un musicien aime faire presque autant que jouer, c’est parler musique, matos, technique, harmonie… Heureusement, les potes sont là pour échanger, et si vous avez de la chance, il y en a même un qui vous prêtera ses mains ! Je m’explique : vous avez une compo à retravailler ? Une grille d’accord en mal d’impro ou de mélodie ? Envie de profiter du temps imposé pour vous faire un planning de travail ? Faites un appel vidéo à un ami musicien (doué, de préférence), exposez lui votre problème et laissez le tester : renversements, substitutions, enrichissements, modulations, gammes… Il joue, vous écoutez, visualisez, notez les idées, les choses à travailler plus tard… Vous générez de l’inspiration.


J’aime la MAO (musique assistée par ordinateur)

Il existe des tonnes d’articles consacrés à la MAO. Si vous partez de zéro et cherchez une solution temporaire pour faire de la musique sans prétention, je vous conseille l’installation la plus simple et la moins chère : le logiciel Audacity (gratuit) + un micro USB. A quoi ça sert ? A importer des fichiers sons tous prêts que vous allez pouvoir combiner et retravailler en modifiant le tempo, la tonalité, le nombre de mesures, les effets… et sur lesquels vous pourrez rajouter votre voix grâce au micro USB. Quand votre création est prête, il suffit de l’exporter en mp3 pour la partager.


Où trouver des fichiers sons ? Là encore, il existe de nombreuses « banques sonores » sur le net. En voici deux : www.orangefreesounds.com et www.looperman.com. Vous pouvez aussi demander à d’autres musiciens de s’enregistrer et de vous envoyer les pistes pour les mixer dans Audacity.

Pour composer, essayez l’application https://chordchord.com/ qui génère des progressions d’accords. La version gratuite comporte 9 sons de piano/batterie, 9 façons de jouer les accords et une barre de tempo. Elle est suffisante pour tester des mélodies et s’amuser online mais ne permet pas d’exporter les fichiers. Ne vous attendez pas à des sons de qualité, le but est simplement de dégrossir le travail en économisant ses mains: vous jouez avec l’harmonie, vous improvisez à la voix, vous sauvegardez vos grilles (ex : intro, couplet, refrain). Plus tard, il suffira de retranscrire ces idées sur votre instrument.


Je vois… donc je suis

Pour pratiquer un instrument, le toucher est important, certes. Mais avec l’expérience, la visualisation et la mémoire musculaire prennent le relais sans problème. La preuve : lorsque je faisais semblant de jouer mes morceaux pour ménager ma tendinite tout en préparant un concert, j’avais mal exactement au même endroit que lorsque je jouais pour de bon!

Par le biais d’enregistrements et de backing tracks, vous pouvez travailler votre répertoire ou vos gammes n’importe où, n’importe quand, simplement en fermant les yeux. A terme vous n’aurez même plus besoin d’un support sonore. De quoi ouvrir des perspectives au travail, dans le bus, au parc...

Conclusion

Une période de repos forcé ne signifie pas nécessairement l’arrêt de tous vos projets musicaux: j’espère vous avoir donné quelques pistes pour continuer à créer. Que vous soyez blessé(e) ou confiné(e), l’important est de se soutenir entre musiciens. N’hésitez pas à me faire part de vos idées dans les commentaires !

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